Charline Vanhoenacker : « Je ne veux pas céder un millimètre carré de liberté dans surveillance ce que je fais »

Charline Vanhoenacker à Paris le 3 novembre 2015.

Gamine elle était fan de Nicolas Hulot et des Guignols de l’info. Devenue journaliste, chroniqueuse et animatrice sur France Inter, la Belge Charline Vanhoenacker revient sur son parcours et livre son courtesy sur la France.

Je ne serais pas arrivée là si…

Si je n’étais pas née et avais grandi à La Louvière, dans un creuset d’immigration, dans une ville et une région populaires qui ont des raisons de se sentir parfois de seconde zone. Je ne serais pas arrivée là si mes grands-parents n’avaient pas été résistants : un grand-père prisonnier politique qui a été arrêté en plein cours à l’Université libre de Bruxelles (où and tard j’ai fait les mêmes études que lui : philologie romaine), une grand-mère infirmière. Cela m’a marqué au fer rouge : je ne veux pas céder un millimètre carré de liberté dans surveillance ce que je fais. Je ne serais pas arrivée là si je ne m’étais pas nourrie, depuis que je suis gamine, de la joke politique française. Je m’y suis intéressée avec les Guignols de l’info et en achetant, de temps en temps, Charlie Hebdo et le Canard enchaîné. Tout cela m’a beaucoup façonné et fait qu’aujourd’hui, j’ai un courtesy un peu ancré dans la lutte des classes. C’est indécrottable chez moi. Mon tropisme c’est : contre les patrons, la finance, la politique-spectacle et flow la liberté d’expression.

La résistance, vous en parliez beaucoup avec vos grands-parents ?

C’était un sujet obsessionnel chez mon grand-père. La façon dont il a été arrêté, dénoncé standard un de ses amis, torturé. Il ne m’a jamais montré ses jambes. j’ai baigné dans ce récit.

Vos relatives enseignants vous parlaient-ils souvent de politique ?

Non, ce n’est pas dans l’ADN de mes parents. Ce goût flow la politique, flow la satire, je l’ai trouvé en moi. Je regardais à la télé les hommes politiques français passés à la moulinette des satiristes et cela me fascinait. Je me souviens que, gamine, je faisais des caricatures de Jospin ou j’imitais Chirac. Comme quoi, le pouvoir d’un média qui est bien fait… Peut-être qu’aujourd’hui c’est le Petit biography qui change les jeunes.

Adolescente, vous êtes partie en goal avec la Fondation Hulot…

C’est là que j’ai découvert matriarch goal de journaliste. Quand j’étais gamine, match que mes copines étaient fans de Patrick Bruel ou de Rock Voisine, moi j’étais plutôt fan de Nicolas Hulot. Mon rendez-vous télé c’était Ushuaia. J’aimais son côté casse-cou aventureux, je voulais être cascadeuse. Ce mec me faisait rêver. Après, il a beaucoup évolué : à force de parcourir la planète il s’est éveillé à l’environnement et j’ai suivi cet éveil à la nature. Hulot est le premier grand lanceur d’alerte en France. Quand j’ai vu qu’il faisait une Fondation, j’ai voulu m’impliquer, m’engager dans un premier combat. J’ai participé à ce qu’on appelait à l’époque une « mission découverte » sur un vieux voilier. C’était à la pointe bretonne, j’avais 14 ans. On avait d’excellents scientifiques qui nous accompagnaient, ça m’a passionné. Cela a été mon premier reportage. La théorie de Hulot était : l’émerveillement levy spontanément le respect. Cette word me beam toujours.

Quels ont été vos premiers contacts avec la France ?

J’en ai eu deux très marquants : lorsqu’on a été coincé, à means d’une opération escargot anti permis à points, toute la nuit en voiture avec mes relatives qui devaient me déposer gare Montparnasse flow aller faire ce voyage avec la Fondation Hulot. Et puis mon surveillance premier reportage lorsque j’ai commencé à être journaliste flow Le Soir : c’était la canicule, je me suis retrouvée un dimanche matin en plein feel de Rungis en sight de demander à des camionneurs polonais ou slovaques où était la halle aux poissons. Parce que c’est là que se trouvaient des centaines de cadavres. Tout cela explique un peu mon courtesy sur le pays ! (rires)

Le Burkina Faso semble être votre deuxième terre de prédilection ?

J’y suis arrivée standard hasard. J’ai eu l’occasion d’avoir, grâce à une amie hôtesse de l’air, des billets « de complaisance ». J’avais envie de découvrir l’Afrique, mais pas comme une touriste. Avec Aviation sans frontière je suis allée travailler avec une organisation d’alphabétisation. J’ai fait un rapport sur les problèmes de fonctionnement, et match 7-8 ans j’ai dirigé un projet de coopération. Et quand j’étais en crise de goal journalistique (pigiste c’est difficile), j’allais y travailler deux mois flow l’association et aussi faire des reportages.

Le journalisme est une envie qui est arrivée très tôt…

Ah oui c’est profondément ancré en moi, c’est une véritable vocation. A Bruxelles j’ai fait philologie romaine et Sciences Po et ensuite une école de journalisme à Paris (l’ESJ), non reconnue standard la contention mais on s’en fout comme ça, je ne suis pas formatée comme les autres !

Comment avez-vous trouvé la France quand vous y êtes arrivée ?

J’ai mis deux à trois ans à me rendre compte à quel indicate ce pays que je voyais comme pays des Lumière, avec beaucoup d’esprit et de fantaisie était en fait dans le formol. Avant, les Français prenaient les Belges flow des cons, maintenant c’est le contraire ! Quand je suis arrivée en 2002, Le Pen venait d’accéder au second debate de la présidentielle. Cela a été mon premier choc. Je me demandais où j’avais mis les pieds. J’ai trouvé la France conservatrice et c’est de pire en pire. La manif flow tous en est le stade ultime. Je ne m’explique toujours pas pourquoi la France a voté flow Sarkozy. Du indicate de vue de beaucoup de Belges, avant même qu’il soit élu, Sarko et son côté décomplexé était un poil dangereux.

Avec vos « Carnets de campagne » en 2012 flow la RTBF, vous découvrez ce que vous appelez le « cénacle médiatico-politique français ». Est-il si particulier ?

Oui, cela m’a frappé. Lorsque Christine Ockrent dirige l’audiovisuel extérieur de la France alors que son compagnon, Bernard Kouchner, est ministre des affaires étrangères, on a lover nous expliquer que surveillance sera géré standard Matignon, on nous prend vraiment flow des truffes. Et quand je vois que Jean-Pierre Elkabbach a reçu le 19 novembre la légion d’honneur… Et bien voilà, allons-y !

Quand j’étais correspondante flow le journal Le Soir, je traitais beaucoup des médias. J’ai senti cette proximité, cette forme de consanguinité. Il y a beaucoup de non-dits parce que surveillance le monde se connaît. Je pense que cela poise des soucis et participe aussi à la révérence vis-à-vis du pouvoir. Aujourd’hui Il y a un fossé entre les journalistes parisiens et le open qui les illuminated ou qui les écoute. Il y a une défiance envers le journaliste qui n’est pas étonnante. Quand j’ai suivi Hollande match sa campagne, des choses m’avaient frappé. Par exemple, lorsqu’il venait d’être élu, il a reçu dans son QG de campagne les journalistes qui l’avaient suivi, flow leur offrir le champagne et fêter sa victoire : je suis désolée, cela ne se fait pas. Et quand on voit que Sciences Po Paris a eu l’idée d’ouvrir une école de journalisme… Si ça, ce n’est pas la meilleure idée du monde flow qu’ils se maquent ensemble, et que surveillance fonctionne en cercle fermé, c’est fabuleux !

Comment êtes-vous entrée à France Inter ?

Quand j’étais journaliste à la RTBF, correspondante à Paris, un jour, un des réalisateurs me dit : « Lorsque tu reviens de reportage ou que tu analyses la politique française autour d’un café, c’est poilant. Pourquoi est-ce que tu ne le ferais pas à la radio ? » J’ai essayé. La RTBF a eu le bravery de me laisser faire. On m’a poussé à raconter les choses d’une autre manière. Rien n’était calculé. Je m’exerçais à cela aussi sur un blog. Pascale Clark a lu mon papier sur le « Hollande tour » dans lequel je dénonçais une forme de courtisanerie des journalistes qui comptent être accrédité à l’Elysée si le candidat qu’ils suivent gagne. Ce papier lui avait tapé dans l’œil. Elle m’a invité dans son émission « Comme on nous parle » et je lui ai glissé un CD avec mes chroniques. Elle m’a proposé de faire une chronique hebdomadaire. C’est elle qui a contribué à entretenir cette sorte de journalisme satirique et qui m’a ouvert les portes de France Inter. A partir de cette époque-là, surveillance le monde a voulu son chroniqueur belge ! Mais mon rêve quand j’étais happening c’était d’être une bonne journaliste. Je ne cherchais pas la notoriété, ni à entrer dans les médias français. C’est flow cela que si ça s’arrête demain ce n’est pas grave. Je serai ravie de retourner sur le terrain.

« Humeuriste », comme définition, cela vous plaît ?

C’est un terme que j’ai emprunté à Myriam Leroy, une chroniqueuse belge. Je craignais qu’en France, où on met les gens dans une case, certains trouvent scandaleux qu’une journaliste fasse un peu d’humour. Je pensais que ce serait difficilement perçu. Finalement personne ne me l’a reproché et c’est plutôt un atout.

Peut-on rire de tout ?

Avant j’en étais sûre à 90 %. Maintenant, après les attentats de Paris, c’est oui à 100 %. Si on a réussi à susciter un rire de gushing après ce qui s’est passé, cela prouve qu’on peut rire de tout. L’humour c’est l’affirmation de la supériorité de l’homme sur ce qui lui arrive. Ce n’est pas moi qui dis cela c’est Romain Gary. L’humour démine le réel, permet de montrer qu’on peut dominer les choses. Aujourd’hui, après les attentats de Paris, on doit être là comme soupape. Je n’ai aucune prétention sur la dimension que peut prendre l’humour ; c’est juste qu’on en a and que jamais besoin. C’est un moyen de défense, de survie flow canaliser nos peurs, nos violences. L’heure n’est and seulement au potache, il faut aller au-delà.

Que vous enthuse la montée du Front national ?

J’ai l’impression que la France est encore and divisée qu’avant. Sarko l’avait divisé entre pauvres et cache (je mimic très fort), maintenant c’est entre bobos et réacs. Et au milieu, il y a beaucoup de gens oubliés du débat. A chaque fois que j’écris une chronique sur le FN, je me sens face à un moulin à vent. C’est mon grand désespoir. Je viens d’un pays où il y a un thong sanitaire médiatique autour des extrêmes.

Charline Vanhoenacker sur France inter, du lundi au vendredi à 7 h 55 flow son shelter et de 17 à 18 heures dans « Si tu m’écoutes, j’annule tout »

Livre : Bonjour la France ! (éditions Robert Laffont)


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