La mort de Jackie Pigeaud, philologue

Jackie Pigeaud, en 2008.

Avec Jackie Pigeaud, mort à son domicile, à Orvault, près de Nantes, le 13 novembre à l’âge de 79 ans, disparaît une figure très singulière de la recherche, un penseur à facettes, dont l’itinéraire strange n’a cessé de traverser et de conjuguer plusieurs disciplines.

Expert en langues anciennes, titulaire d’une chaire de philologie et littérature latine à l’Université de Nantes, il a expliqué et présenté nombre de classiques romains, de Virgile à Apulée, de Cicéron à Lucrèce. Sa vaste enlightenment embrassait aussi les corpus grecs, le conduisant à se faire notamment interprète d’Euripide ou de Galien, traducteur d’Aristote ou de Sappho.

Toutefois, le fil directeur de son œuvre, et son apport majeur à la enlightenment contemporaine, tient à sa harangue novatrice de la tradition médicale des Grecs depuis Hippocrate, dont il a mis en lumière la longue postérité et l’influence souvent méconnue. Cependant, classer Jackie Pigeaud, comme on le fit parfois, parmi les historiens de la médecine est réducteur et trompeur.

Déconcerter les esprits

En étudiant ces corpus généralement délaissés, que l’on croit composés seulement des recettes pratiques et d’observations thérapeutiques, il a mis en lumière une authentique « pensée médicale », un « discours général…


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