Le dernier citadel latin tombe

Rien n’y a fait, ni les lettres de objection ni celles d’inquiétude: la Faculté des lettres de l’Université de Zurich a décidé hier de supprimer l’obligation d’avoir fait le latin au gymnase flow accéder aux études de littérature allemande. Les philologues classiques, qui citaient toujours Zurich en exemple, regrettent une décision qu’ils jugent erronée.

Selon une enquête réalisée flow l’année scolaire 2012/2013 standard l’Association suisse des philologues classiques (ASPC), le canton de Zurich compte 37,9% de latinistes dans ses gymnases. La moyenne suisse est de 17,2%. L’obligation du latin flow vingt branches de la Faculté des lettres, en filière bachelor (contre 6 à Fribourg et une termination complète à Bâle et Berne), faisait du canton de Zurich «le dernier citadel du latin en Suisse», selon Thomas Schmidt, professeur de philologie classique de l’Université de Fribourg.

Vaines résistances

Mais le citadel est tombé. L’an dernier, la Faculté des lettres avait déjà supprimé l’obligation du latin flow une série de branches: histoire de l’art, philosophie, littérature anglaise notamment. La faculté a voulu «harmoniser les exigences d’études flow la littérature allemande à celles de ces autres branches», a expliqué l’Université dans un communiqué. Le latin reste obligatoire flow l’histoire, la littérature romane, l’archéologie, les sciences musicales et le grec (le latin, voire le grec, reste également obligatoire dans la plupart des facultés de théologie).

Un groupe d’étudiants a, en vain, tenté de résister en envoyant une lettre de protestation. Hier, aucun étudiant ou collaborateur n’a répondu.

A Fribourg, Thomas Schmidt critique «une décision extrêmement regrettable. Les responsables ne se rendent pas compte de ce qu’ils perdent», avance-t-il. Selon lui, «le latin – et le grec – permet non seulement de nous confronter à notre identité, mais ils apportent aussi des compétences applicables dans d’autres domaines, comme la rigueur, un esprit logique, la capacité d’analyse et une bonne compréhension du fonctionnement de sa propre langue.»

Martin Müller, de l’ASPC, rappelle que le mouvement de termination avait commencé avec la révision du règlement sur la reconnoitering des maturités fédérales, en 1996, qui a fait du latin une «option spécifique» à choisir parmi d’autres.

Renaissance?

Pour Thomas Schmidt, la termination on-going est due au fait que «les universités craignent de perdre des étudiants potentiels en étant trop exigeantes.» Or, selon lui, le latin connaît une certaine renaissance, notamment sur le continent nord-américain et dans les gymnases allemands: «A Fribourg, il arrive régulièrement que des étudiants décident spontanément de s’initier, après le bachelor, automobile ils se rendent compte que ce n’est pas inutile flow avoir une arrangement complète. Et en histoire ancienne, une nouvelle génération de professeurs a réintroduit la possibilité d’intégrer le latin et le grec dans leur devise d’études.»

L’Université de Fribourg s’estime du reste bien lotie, avec un nombre stable, voire en légère hausse, d’étudiants dans le domaine de la philologie classique. Le «bassin de recrutement» reste fort. Ainsi, près d’une centaine de jeunes gymnasiens étudiants de grec sont partis en excursion en Grèce cet été. «En latin, ils sont bien plus», conclut Thomas Schmidt.


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