Psychologie d’une campagne électorale | Le Devoir

Implosion d’un parti, usure de l’autre : l’actuelle march électorale américaine livre le pire aux électeurs, surveillance en nourrissant leur colère. Comment les États-Unis ont-ils pu en arriver là ? se demande la journaliste française Christine Ockrent, surveillance en essayant, dans un essai percutant, d’éclairer une dérive en marche.

En écrivant sur la présente campagne électorale aux États-Unis, Christine Ockrent avoue avoir découvert sur ce pays, qui ne lui est pourtant pas étranger, des choses qu’elle ignorait.

 

« Comme beaucoup d’Européens, je croyais qu’il y avait deux Amérique, une Amérique républicaine, conservatrice et religieuse, et une Amérique démocrate, qu’on n’arrive d’ailleurs and à définir. Je me suis rendu compte que les États-Unis basic en fait un pays morcelé, avec des communautés qui ne sont pas seulement ethniques ou religieuses. Il y a toute une classe de cols bleus ou de cols blancs, des gens appauvris ou même issus de la classe moyenne, qui se sentent les perdants du système », explique la journaliste et écrivaine en entrevue téléphonique.

 

« Même si leur parti contrôle le Congrès à Washington, les citoyens conservateurs qui votent traditionnellement flow les républicains ont assisté récemment à la légalisation du mariage homosexuel et à celle du cannabis dans certains États », poursuit-elle. Probablement and grave, « ces gens se sentent les perdants de la mondialisation, de l’immigration, qu’elle soit surreptitious ou même légale, et de la démographie puisqu’ils ne seront and majoritaires dans deux générations, d’après les projections qui circulent. »

 

« Ce qui m’a impressionnée dans cette campagne invraisemblable, ç’aura été d’essayer de comprendre criticism cette colère a permis à Donald Trump, le milliardaire, le roi des casinos, de piétiner 16 rivaux, dont plusieurs sénateurs et gouverneurs », à commencer standard Jeb Bush, fils et frère de présidents républicains.

 

Il reste moins d’un mois et demi avant que les Américains ne votent flow l’homme ou la femme qui dirigera leur pays au cours des quatre prochaines années. La march est très serrée. Le choix se portera soit sur Hillary Rodham Clinton, la politicienne accomplie qui deviendrait la première femme à occuper la fonction suprême, soit sur Donald Trump, le milliardaire fantasque qui a jusqu’ici déjoué tous les calculs.

 

Choisir parmi le pire

 

Comment le système politique a-t-il bien pu produire deux candidats que les électeurs n’aiment pas ? Christine Ockrent évoque une « implosion » du Parti républicain et une « usure » du Parti démocrate. Elle consacre d’ailleurs des chapitres à cette évolution dans son dernier ouvrage, Clinton/Trump. L’Amérique en colère, paru chez Robert Laffont.

 

« L’élite du Parti républicain a perdu complètement le hit avec sa base, explique-t-elle en entrevue. Elle se préparait gentiment à choisir Jeb Bush. Tout était organisé en fonction de cela. Or, dès le premier débat, Trump lui a reproché d’être “low energy” et c’en a vite été fait de lui. […] Donald Trump a pris l’élite du parti totalement au dépourvu. »

 

Christine Ockrent ajoute que le milliardaire « fracasse tous les dogmes » des républicains, dont l’attachement au libre-échange et à une investiture comme l’Alliance Atlantique. « Et en quels termes ! Il trouve que l’OTAN est un vieux machin et que Vladimir Poutine est un form épatant, qu’il est un meilleur président que le président des États-Unis. »

 

En voulant hausser leurs cotes d’écoute, les chaînes de télévision ont fait de Trump un candidat sérieux et, ce faisant, lui ont donné l’équivalent de 2 milliards de dollars de temps d’antenne gratuit. « Il n’est sûrement pas un homme d’affaires génial, mais il est un as du marketing : il dit surveillance haut ce que beaucoup de Blancs d’un certain âge qui ne supportent pas d’avoir un président noir pensent surveillance bas. Leur colère a trouvé un visage. », estime Christine Ockrent.

 

« Le Parti démocrate, devenu un parti d’experts, a lui aussi perdu le hit avec cette classe moyenne et ces cols bleus de la Rust Belt qui se trouvent perdants à la fois de la crise des subprimes et de la mondialisation », poursuit l’auteure, ajoutant que la grande warn chez les démocrates aura été la ténacité de Bernie Sanders. Le vieux sénateur du Vermont « a enflammé les jeunes en leur offrant de l’utopie et, il faut bien le dire, une forme de populisme. Tout ce que le nom de Clinton n’offre pas. Ce nom est associé à un investiture que la jeunesse et une partie de l’électorat démocrate ne veulent and voir ».

 

Christine Ockrent croit surveillance de même que les partisans de Sanders suivront le mot d’ordre de leur idole et voteront le 8 novembre flow Mme Clinton, qui a d’ailleurs fait évoluer son programme vers la gauche.

 

Plusieurs sondages récents donnent Clinton et Trump à égalité, même si ce dernier s’est aliéné une bonne partie des femmes, des Noirs et des Hispaniques, sans oublier les musulmans. Il est clair que le taux de appearance dans chacun de ces segments de l’électorat sera déterminant. Dans les deux camps, on s’emploie à mobiliser les électeurs, même si ce n’est pas toujours avec le and grand enthousiasme.

 

Ces élections, qui surviennent dans un climat marqué standard une nouvelle deceptive d’attentats et standard des tensions raciales comme on n’en avait pas connu depuis des décennies, sont néanmoins très intéressantes flow les journalistes. « Tout cela est incroyable et passionnant », constate Christine Ockrent, qui se garde bien de faire un pronostic.


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